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"Ce qui me fait peur c'est le temps infini"

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    Pa r Bettina Gruber     Une jeune patiente vient me voir à la rentrée parce que – je la cite – « je ne peux plus sortir de chez moi » ; « J’ai l’impression qu’avec le confinement, le temps s’est arrêté ».   L’arrêt du temps avait - pour elle – apaisé ses angoisses, son malaise, son sentiment de ne pas être « normale », en constant décalage par rapport aux autres : Confinée chez son père, elle lit, elle regarde des séries, joue à des jeux vidéos, échange avec ses quelques amies par whatsApp. On la « laisse vivre » sans trop vouloir la « bouger » pour reprendre ses expressions. Protégée des exigences sociales, du dehors, du regard des autres, elle était comme tout le monde, astreinte à une vie en suspens, temps mort qui lui permettait de céder au principe d’inertie en toute bonne conscience.   Avec le déconfinement, la « catastrophe » arrive : la rentrée est encore possible, mais se tranforme très vite en « épreuve » insurmontable. Elle peut se rendre au lycée les trois

Sexe et intersexe // Virginie Leblanc

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Espace-temps dans la cure analytique

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    Par Laetitia Putigny-Ravet- 30 mars 2021   Quand il m’a été proposé de travailler sur la question de l’espace et du temps dans la cure analytique, c’est avec la boussole de mon analyse que cette question s’est ouverte pour moi. Alors que j’étais depuis quelques années en analyse, je raconte un rêve récurrent d’une pièce vide, une pièce interdite   et de laquelle je restais à la porte. Cette pièce me faisait   énigme. Pour mon analyste, cet espace était une métaphore de mon espace psychique, cette pièce vide, interdite,   était mon inconscient et ma position qui m’avait conduite en analyse était celle d’en être à la porte, extérieure à mon intériorité. J. Cacho créait ainsi une béance à partir de cet espace vide qui faisait énigme pour moi. Arrêtons-nous sur ce vide : dans le chapitre XX du séminaire de l’Ethique, J. Lacan se réfère au potier qui façonne le vase, il crée cet objet non dans sa valeur d’ustensile mais de signifiant. Le vase, ce qu’il cré

Le nœud beau ?

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 par Elsa Caruelle-Quilin                                                           Le nœud beau ?         «Cela peut signifier deux choses : d'abord que l'on fait l'épreuve de la solidité de cette espèce, de sa fixité. Ensuite que la variété des rapports entre les hommes, leur couleur, leurs coutumes, leur formation en classes, masquent une vérité qui apparaît ici éclatante, au bord de la nature, à l'approche de nos limites: il n'y a pas des espèces humaines, il y a une espèce humaine.» Robert Antelme, 1947     Figure 1 : le lapsus de nœud (S/R) repéré par Lacan chez Joyce [1]       Le lapsus de nœud isolé par Lacan à propos de Joyce se retrouve dans l'autre « cas » du séminaire le Sinthome. Celui que Marcel Czermak surnomma l'homme aux paroles imposées, Gérard Lumeroy, ravale son nom propre en nom commun, et ce dès les premiers mots de la rencontre avec Lacan, ce qui pose d'emblée la ques